04 octobre 2008

Vivement demain ...

La journée a été affreuse. Je n'ai travaillé que de 14h à 20h30 mais cela a été amplement suffisant !...

Au boulot, les clients n'ont pas cessé d'affluer, nous n'avons pas eu une seconde de répit, et toute la journée une file d'attente de dizaines de clients attendait à chacune de nos caisses ! Côté clients insupportables, nous avons tout eu : mécontents, insultants, ronchons ... L'un d'entre eux a vraiment été indélicat avec moa, il m'a reproché de mal faire mon travail (alors que je ne pouvais absolument rien à ce qu'il me reprochait, et que je suis vraiment très minutieuse sur certains points ... ça m'a vraiment achevé de me voir attaquer là-dessus alors que je suis aussi prévenante que possible à ce sujet !) ... A l'écouter nous étions tous des voleurs à la fn**, il a vraiment été impoli et de mauvaise foi ... J'ai essayé de lui expliquer les choses, il n'a rien voulu entendre ... Il avait avant ça insulter deux de mes collègues vendeurs, je crois qu'il a juste fini de passer ses nerfs sur moa ... J'en étais complètement retournée, et j'avais les larmes aux yeux quand il est parti, tant j'ai trouvé ses propos injustes ...

Ajouter à ça le fait que certains de mes collègues, probablement frustrés, veulent montrer leur "pouvoir", sûrement trop dépités de ne pas en avoir... Ils veulent vous apprendre la vie, en vous faisant des remarques désobligeantes sur telle ou telle chose ... Comme s'ils avaient la science infuse et que seule leur façon de faire était bonne ... ça m'a vraiment énervé de ressentir si peu de considération pour mon travail, d'entendre des critiques si faciles et injustifiées. ça a fini d'achever ma journée sur une note complètement déplaisante. Mon fiancé était venu me chercher en voiture à la sortie du travail... A peine assise j'ai éclaté en sanglots, j'avais vraiment besoin que ça sorte ... J'avais supporté beaucoup plus que nécessaire durant cette journée.

Bref, je crois que je vais aller me coucher de suite et maudire la terre entière !...

En espérant que demain sera un jour meilleur ...

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29 septembre 2008

Salut l'artiste ...

Aujourd'hui, je suis allée à un enterrement.
Ce n'était pas un proche. Tout juste un bonhomme que j'avais croisé à trois reprises, que j'avais découvert et apprécié sur scène, qui m'avait fait rire et sourire le temps d'une soirée, et qui avait toujours été prévenant, gentil et avenant. Oui, il faisait de la musique. Il était doué même. Il avait un vrai don pour l'écriture, et une voix toute particulière. C'était un trublion, un bout-en-train, un amoureux de la vie. Son sourire faisait des kilomètres.
Ce bonhomme là est décédé à 29 ans. Est-ce que c'est possible de mourir à 29 ans d'un arrêt cardiaque ? Oui c'est possible. Et c'est terriblement injuste.
Et quand j'ai vu tout ce monde rassemblé cet après-midi dans l'église, tous ces gens si malheureux, si dévastés, je me suis rendue compte à quel point c'était cruel parfois la vie. Comme c'était nul.
Certains ont perdus un frère, un fils, un ami.
Je n'ai perdu qu'un artiste que j'aimais, un bonhomme que j'aimais voir en concert, qui était toujours près pour échanger quelques mots, boire un verre et discuter. Mais rien que ça, c'est déjà beaucoup.
Cet enterrement j'y suis allée surtout pour accompagner une amie dont la peine était bien plus vaste que la mienne. Une amie qui le connaissait mieux que moa. Je voulais supporter ce difficile moment avec elle. Lui tenir la main. La soutenir.
Et puis, pour dire aurevoir. Pour rendre un peu plus concrète cette nouvelle irréelle, incompréhensible.
Mourir à 29 ans, putain, c'est nul. Il avait encore tellement de choses à faire, il avait la vie devant lui ...
Il a été arrêté en plein vol. Alors qu'il avait encore tellement de chansons à écrire, de concerts à donner, d'émotions à partager ...
Toutes mes pensées vont à ses proches, à tous ceux qui souffrent de le savoir parti. Et puis elles vont à lui, aussi ...
Il restera une trace. De son engagement, de ses chansons, de sa musique, de sa douce ironie.
Il fait partie de ces gens qui ne partent jamais vraiment, tant ils habitent encore activement les coeurs de ceux qui restent.

08 juillet 2008

Des bleus à l'âme ...

Vous pouvez arrêter de croiser les doigts, les cheveux ou quoi que ce soit d’autre, maintenant.

Les résultats sont tombés, une seule personne a été sélectionnée pour compléter cette promotion de Master 2, et ce n’est pas moa. J’avais une chance sur sept, c’est peu, et ça n’a pas suffit. Malheureusement.

Alors oui, j’ai eu le cœur serré toute la journée, en pensant à cette occasion que j’ai loupée. J’ai appris ça juste avant de partir au travail ce matin, et je me suis sentie défaillir. Je suis partie vite, parce qu’il le fallait, mais je me sentais tellement fragile, à deux doigts de tomber … J’avais la sensation que si on me soufflait trop fort dessus,  j’allais me briser en mille morceaux. Sans espoir de reconstruction.

Le cœur lourd, je l’ai toujours. En écrivant ces mots je me rends compte à quel point je me suis projetée dans cette idée, dans cette ville, dans cette poursuite d’études. C’est comme ça que je le voyais mon futur. A Grenoble. Je m’étais vraiment faite à cette idée, elle avait peu à peu pris forme dans ma tête et dans mon cœur. Et devoir la quitter, comme ça, devoir la rayer de mes projets, de mes envies, ça me retourne.

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Au-delà de me faire douter de moa, cette réponse négative me ferme les portes d’un nouveau chemin que je voulais donner à mes études : celui de l’écriture. Avec ce Master, j’aurai eu un bagage, une carte de visite à présenter, une justification par rapport à mon désir d’écrire, et d’écrire pour la culture. Sans cela, j’ai l’impression de n’être qu’une fille qui rêve d’être journaliste culturelle, sans grand talent, et surtout sans aucune reconnaissance « officielle » …

Du coup, je vois une route bouchée, en travaux, et je ne sais pas du tout quoi faire à la rentrée. Une fois mon mémoire bouclé, ma soutenance effectuée, mon boulot d’été arrivé à terme … Qu’est-ce que je vais devenir ? Dans quoi vais-je me lancer ?

La recherche d’emploi, la vraie de vraie ? Alors ça y est, les études c’est fini, disparu, envolé ? Ce n’est pas comme ça que je voyais les choses … je ne voyais pas une fin avortée, je ne voulais pas d’une fin en eau de boudin.

Tout s’est enchaîné, et rien ne s’est déroulé comme je l’attendais. Alors oui, je suis paumée.

Le brouillard qui s’annonce dans les prochains mois est trop dense, trop glacé. Je vais me perdre là-dedans. Je vais me noyer.

Je crois que j’avais mis trop d’espoirs dans une vie qui correspondait juste ce qu’il faut à mes attentes. Et mes espoirs se sont cassé la gueule. Et moa avec.

Je suis pas mal amochée, mine de rien. Va falloir prendre le temps de cicatriser. Et trouver le courage de repartir, de re-rêver, de reconstruire, de re-espérer. Bâtir de nouveaux projets, avec des fondations solides, pour pas tout se prendre sur la gueule une deuxième fois.

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Heureusement qu’il a été là, aujourd’hui. Heureusement que j’ai senti sa présence et toute son attention. Heureusement qu’il m’a soutenu. Porté. Chouchouté. Serré fort fort.

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Parce que sans ça …

 

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13 octobre 2007

Comme une envie de pleurer …

Ce soir, y a comme une envie de pleurer dans l’air.

 

 

Je suis rentrée du boulot à 20h passées. Il y avait toute cette effervescence dans le centre commercial, dans le métro, dans la rue. Ça sentait le week-end, le samedi soir, les soirées entre copains. Ça cavalait de partout, ça rigolait fort, ça parlait du match.

 

Moa je n’aime pas le rugby. Alors ce n’est pas le fait de ne pas voir le match de ce soir qui va m’empêcher de dormir, loin de là. Par contre, toutes ces soirées entre amis organisées, tous ces « à ce soir ! », toutes ces organisations festives me mettent en peine.

 

Chez les voisins, ça crie, ça rit, ça chahute, ça enquiquine. J’entends tout, du salon.

Je ne me suis jamais autant sentie à côté de la plaque. C’est comme si j’étais complètement déconnectée de la réalité. Dans un autre monde. Dans ma bulle.

Moa je rentre à peine du boulot, j’ai envie de dormir, de ne plus penser à rien, de libérer un peu mon esprit. Mais je rentre dans ce grand appartement  froid qui me renvoie à la gueule une soirée de plus en solitaire. Non pas que ce soit si mal que ça … D’ailleurs je n’aurais aucunement le courage de soutenir une conversation un tant soit peu réfléchie ce soir, avec qui que ce soit. Mais quand même. Je voudrais vivre comme les autres. Avoir du temps pour moa. Ne pas être tout le temps décalée. C’est comme s’il y avait moa, et puis tous les autres. Tous les autres qui font des projets, qui se retrouvent, qui profitent les uns des autres, qui se réchauffent. Et moa toute seule j’ai bien trop froid.

Je voudrais moa aussi être en Savoie, autour d’un bon repas, avec lui et sa famille. Je voudrais bien être à Paris, dans ma famille, voir ceux qui me manquent depuis deux mois, encore plus qu’avant ; parce que maintenant, ma famille est un de moins, alors nous, on essaye de combler le vide et le manque comme on peut, entre nous. Pour que ce soir moins dur. Pour colmater les blessures. Je voudrais être avec mes amis, ceux qui me sont chers et qui se comptent sur les doigts d’une main, ceux pour lesquels on s’inquiète toujours trop fort.

Mais finalement je suis là. A rédiger une énième plainte sur le déroulement de ma vie. Et la soirée ne sera pas si mauvaise, finalement, entre un repas vite préparé, un ou deux épisodes d’une série légère, enfouie sous la couette, à essayer de rire à travers mes larmes intempestives. Je m’endormirais bien vite, et déjà, ce sera demain.

Demain, cette grande journée qui me tend les bras en guise de week-end. Demain, je retrouverais des bras amoureux, au moins un petit peu. Je me contenterai de ça.

Je me contenterai de ça. 

Si seulement j'avais le choix ...  

 

 

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22 septembre 2007

Je voudrais juste un peu d'air ...

21 Septembre 2007

Oh que oui je l’attendais, ce nouveau boulot ! Oh que oui, c’était devenu mon but ultime ces derniers mois, le sésame qui me permettrait d’avoir une vie plus agréable, plus simple, moins soucieuse. Oh que oui, ne plus penser à comment on allait finir le mois me semblait tellement primordial.

Et bien ça y est, je l’ai eu ce boulot.

Hôtesse de caisse dans un magasin qui se soucie de la culture, c’est loin d’être le pire job pour une étudiante comme moa. C’est même plutôt gratifiant d’avoir été choisie là-bas.

Mais vouala, y a forcément des inconvénients. Des inconvénients qui aujourd’hui me paraissent disproportionnés. L’inconvénient majeur m’a frappé de plein fouet ce soir. Les « bon week-end » ne me sauront dorénavant plus destinés. Ou alors je ne pourrais plus les entendre qu’à partir du samedi soir, moment où la plupart de mon entourage aura déjà bien entamé le sien, de week-end. Eh oui, bosser le samedi fera partie intégrante de ma vie désormais. Si tant est que je ne travaille pas le lundi, cela me laisse quand même deux petits jours pour décompresser, me reposer, prévoir des sorties ou voir des amis. Alors de quoi je me plains ?... Justement, d’être totalement décalée par rapport aux autres. D’avoir un rythme que personne d’autre n’a dans mon entourage. Et de devoir profiter de mon amoureux pendant des week-ends tronqués qui ne me paraîtront même pas en être. Notre journée, ce sera le dimanche. C’est déjà pas si mal …

Mouais, sauf que si on compte que nous n’avons que ce jour de libre en commun dans la semaine, il va falloir compter également que tout projet de week-end se retrouve en contrepartie remis en cause, voire caduque. Comment partir ensemble en Savoie, quand lui est en week-end du vendredi soir au lundi matin, et moa du samedi soir au mardi matin ? Comment, dans ces conditions, pouvons-nous voir nos familles respectives autrement que séparément ? Comment pouvons-nous prévoir un week-end n’importe où en France quand seul un jour dans la semaine nous met en présence ?

Ça me met par terre ce genre de situation. Car je n’ai pas envie d’avoir des succédanés de week-ends avec lui, je ne veux pas devoir choisir entre aller voir mes parents ou rester avec lui une journée, je ne veux pas que les seuls moments de réelle détente que l’on pourrait avoir ensemble se voient réduits à néant. Si c’est pour passer des week-ends seule, je sais que je n’en profiterai pas autant que si je suis avec lui. Parce que j’ai envie d’être avec lui, j’ai besoin de lui et d’avoir nos moments à nous pour trouver la force de recommencer une semaine qui s’annonce difficile.

Ce soir tout le monde est en week-end, tout le monde souffle et respire un peu, et moa j’essaye tant bien que mal de trouver un rien de courage pour affronter demain mes 9h de boulot. Et j’essaye de ne pas penser que lui, il est loin déjà, qu’il est parti se ressourcer chez les siens, et que moa, demain soir, quand je reviendrai d’une journée harassante, je ne trouverai qu’un appartement vide, parce que c’est comme ça. Et je sais que mon dimanche sera tout aussi vide, parce que je n’aurai personne avec qui le partager. J’ai du mal à accepter cet état de fait.

C’est comme si en un sens on me privait de mon oxygène, de ce qui fait qu’habituellement je tiens le coup.

 

Et ça me crève.

 

 

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21:35 Publié dans Mes crève-coeur | Commentaires (1)

17 juillet 2007

Petit papi ...

C’est fou comme on peut parfois être si fragile.
Chanceler à l’écoute d’une nouvelle qu’on vous annonce par téléphone.
Sentir les larmes couler, alors qu’on ne se rend pas encore bien compte de ce qui se passe, de la réalité de la chose.

Déboussolée.
C’est comme ça que je me suis sentie quand mon père m’a appris le décès de mon grand-père, tout à l’heure, au téléphone. C’est comme ça que je me suis retrouvée après le vertige qui m’a assaillie quand j’ai appris la nouvelle.

Paumée. Blessée. Meurtrie.

Et pourtant … Pourtant je ne comprends pas, je n’arrive pas à prendre conscience des choses, j’ai du mal à y croire, à me rendre compte de ce fait qui me semble tellement abstrait aujourd’hui. Je suis loin de tout, de tous, de ma famille. Mon père m’aurait annoncé qu’il avait gagné au loto, je n’aurais pas trouvé ça plus irréel que la mort de mon papi.
Mais à l’enterrement, pour sûr, ça prendra tout son sens. Et je me prendrai un coup de poing en plein cœur, en pleine gueule … et là je comprendrai, et les larmes couleront, couleront à flot …

En attendant je ne sais pas quoi faire. Je vais aller retrouver ma famille demain, ou après-demain. Je vais essayer de m’organiser, de faire les choses bien, de manière sensée, logique. Je vais aller retrouver les miens, et surtout surtout, ne pas rester toute seule ici.
Heureusement que ce soir je n’étais pas seule. Heureusement qu’il y avait ses grands bras pour pleurer, ses bras amis … Heureusement qu’on s’était prévu à l’avance cette soirée filles, sinon je n’aurais même pas eu le courage de rester debout. Heureusement que l’espace d’un petit moment, j’ai réussi à penser à autre chose, à modérer ma peine, à sécher mes yeux … Même si la nouvelle me revenait souvent comme un relent de mauvais souvenir, un mauvais souvenir terriblement amer, qui reste, qui s’insinue, et qui fait mal.

Je n’arrive pas à me résoudre à aller dormir. Je voudrais reposer un peu mon esprit et mes yeux gonflés, mais tout mon corps m’impose de rester debout, à travers une tension redoutable. J’ai peur d’aller dormir car j’ai peur de toutes les images qui me viendront alors à l’esprit, j’ai peur de ce que ça pourrait susciter en moa, et j’ai peur de ne pas supporter ça.

Je suis officiellement aujourd’hui orpheline de grands-parents. Plus de mamie, plus de papi. Tous les deux partis. Et mes grands-parents du côté de ma maman, que j’ai à peine connus enfant … Je me sens comme coupée d’une partie de moa-même, d’une partie de mes racines, d’une partie de mon histoire.

C’est la fin d’une période …

Une vie qui se finit, et une famille de nouveau en deuil. Trois ans après le décès de ma grand-mère … Ma mamie pour qui j’écrivais un petit mot ici, il n’y a plus si longtemps de ça … La vouala rejointe par mon grand-père, celui-là même qui ne savait plus vivre sans elle. J’espère que les retrouvailles sont douces et chaleureuses, là où ils sont …

J’espère qu’on lui manquera au moins autant qu’il nous manque à nous …

Parce qu’avec son honnêteté et son franc-parler, cette tête de mule qui avait appris à allumer le gaz à la mort de sa femme, qui n’avait pas peur de dire à ses enfants et ses petits enfants ce qu’il pensait d’eux, qui aimait les bons repas et le club de foot de Sedan, qui était un amateur de fromages et de bons vins, qui avait pour lubie la Star Académy, qui riait aux bons mots des plus jeunes, qui était un champion de mots croisés toute catégorie, qui affectionnait par-dessus tout les babas au rhum, ce grand cœur de grand-père va me manquer cruellement, à moa …

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01 mars 2007

Y a des jours étranges ...

 

Je me suis retrouvée ce midi, les mains pleines de liquide vaisselle, l’évier rempli de vaisselle sale, à frotter et frotter comme pour effacer de sombres humeurs qui me viendraient en tête … Et c’est au-dessus de cet évier ridicule, dans une maison qui n’est même pas la mienne, que je me suis mise à pleurer, des larmes et encore des larmes salées …

 

Y a trop de choses qui émergent en ce moment, de moments douloureux, d’accablants chagrins, de tristesse passagère …

Y a des plaies qui se sont rouvertes … des deuils qui se sont défaits … des peurs qui sont réapparues …

 

J’ai pensé à ma mamie.

 

La personne la plus gentille que j’ai jamais connu.

 

Le regard doux, le sourire perçant, les gestes gracieux, la main délicate, et la tendresse faite femme.

 

Elle aimait à m’appeler « ma douce »…

C’était doux, c’était chaud à l’oreille, c’était bon quand ça sortait de sa bouche, et ça réconfortait drôlement.

 

Elle avait toujours des petits gestes affectueux, des attentions toutes particulières …

 

Elle avait les mains toutes fraîches, ses grandes mains blanches qu’elle posait sur les vôtres pour vous écouter parler et montrer ainsi tout l’intérêt qu’elle vous portait.

 

Elle sortait des bonbons de n’importe quel placard de sa cuisine, me les offrais volontiers, et puis elle me préparait des tartines de nutella et un grand bol de ricorée pour le goûter.

 

Elle faisait partie de ces personnes foncièrement gentilles, et était trop douce et calme pour ne jamais hausser la voix.

 

 

Et puis, un putain de cancer du foie est venu nous l’enlever. Fin ironique n’est-ce pas, quand on sait qu’elle ne buvait jamais !...

 

Nous l’avons vu dépérir pendant plus d’un an, souffrir et retenir ses plaintes et ses larmes jusqu’au bout.

Elle a subit des mois et des mois de chimio, des heures de voyage en ambulance jusqu’à la Salpétrière , des analyses en tout genre sans aucun avis tranché et honnête.

 

Elle a été tellement courageuse …

 

Et puis elle a fait un AVC … Une attaque vasculaire cérébrale …

Un truc qui paralyse, quand on s’en sort.

 

Elle s’en est sortie, et elle a eu le côté droit du corps paralysé, il ne répondait plus, et la tête en a pris un coup, elle aussi.

Elle ne reconnaissait plus personne, pas même ses enfants ou son mari.

 

Heures cruelles où les parents les plus proches semblent d’un seul coup les plus lointains …

 

Elle était devenue squelettique, petite mamie aux portes de la mort.

 

Et puis un jour elle s’en est allée, le premier du mois d’avril …

Allez savoir pourquoi les poissons d’avril ne me font plus rire …

 

 

Et en moa des souvenirs en pagaille ressurgissent … douloureux, lourds, pesants, mordants …

 

Je la revois dans sa petite chambre d’hôpital, allongée, une fois la maladie déclarée et la chimio bien entamée …

Elle m’avait serré la main très fort ce jour-là et m’avait dit : « Tu sais, quand je serai guérie, on fera une grande fête tous ensemble, on se réjouira de ma guérison, et on en rira de tout cela ! »

 

J’l’attends encore ta grande fête ma ptite mamie …

 

Et les rires s’étranglent dans ma voix …

 

 

J’aurais voulu que tu ne partes pas, en tout cas pas comme ça.

 

Oui 72 ans de vie c’est déjà bien, mais ton sourire aurait pu ensoleiller encore bien des années.

Pour sûr, ta vie était derrière toi, mais t’en as laissé un sacrément paumé, pasque la vie sans toi,  lui, il connaît pas.

 

Et aujourd’hui, c’est à mon papi de dépérir de chagrin, d’oublier ce qui fait que la vie ça a du bon, de vivoter par obligation et non plus par envie.

 

J’en viendrais presque à souhaiter qu’il parte lui aussi, juste pour qu’il te retrouve, où que tu sois, et que vous soyez enfin tous les deux, en paix.

 

J’aurais aimé te présenter Olivier aussi, que tu le connaisses, que tu l’apprécies … Je sais déjà comme tu l’aurais bien accueilli, bien choyé, comme tu lui aurais posé mille questions afin de t’assurer qu’il était suffisamment bien pour ta petite fille.

 

J’aurais aimé que tu vois mes futurs enfants, ta digne descendance …

 

Et puis aussi, j’aurais aimé avoir encore une mamie à qui fêter la fête des grands-mères dimanche …

 

 

J’aurais drôlement aimé …

20:41 Publié dans Mes crève-coeur | Commentaires (3)